Consultations diététiques et Covid-19

Nous avons le plaisir de vous annoncer la reprise de nos consultations au cabinet dès le 27 avril 2020.

Les mesures d’hygiène et  les précautions d’usage sont prises et mises à jour selon les recommandations de l’OFSP.

Nous offrons toujours la possibilité de réaliser les consultations à distance (téléphone ou vidéo conférence) pour les personnes ne pouvant pas se déplacer.

Si vous avez des symptômes de toux ou fièvre, nous vous remercions de ne pas venir au cabinet!

Présentation de l’association – PERCEPTIO CIBUS

Perceptio Cibus est une association à but non-lucratif qui se donne pour mission d’aider les personnes en surpoids et en obésité en proposant une démarche bio-psycho-corporelle. Elle se présente comme un soutien entre les consultations médicales et paramédicales.

Les principales activités organisées en Suisse Romande :

  • Groupe d’entraide
  • Ateliers de développement personnel
  • Relaxation en groupe
  • Activités sportives (marche, marche nordique et natation)

L’association a écrit divers articles autour de la thématique de maigrir sans régime et du surpoids ainsi que de l’obésité.

Pour en savoir plus sur leurs différentes activités, nous vous invitons à visiter leur site internet: www.perceptiocibus.org

ou leur page Facebook : https://www.facebook.com/Perceptio-Cibus-380008329396353/

Manger… une réponse au stress ?

L’appétit et la quantité de nourriture que nous avalons sont contrôlés par l’hypothalamus, une glande située au centre du cerveau. D’habitude, ce dernier décrypte les signaux corporels et augmente ou diminue la sensation de faim, afin de couvrir les besoins du corps en énergie. Mais des facteurs environnementaux, comme le stress, peuvent perturber la fonction régulatrice de l’hypothalamus.

Comment le stress affecte-t-il l’appétit ? Suite à un évènement stressant, les chercheurs ont constaté deux cas de figure :

  1. Une augmentation de l’envie de manger
  2. Une diminution de cette envie (effet coupe-faim)

La différence pourrait résider dans la manière dont nous percevons la situation stressante.

Dans le premier cas, si on juge qu’un évènement est « menaçant », donc qu’on a l’impression de ne pas posséder les ressources nécessaires pour faire face à la menace, le taux d’adrénaline (neurotransmetteur) dans le sang augmenterait en premier lieu, suivie par le cortisol (appelée aussi l’« hormone du stress »). L’augmentation du cortisol prépare le corps à utiliser nos réserves en énergie afin de combattre ou de fuir. A la suite de cela, l’hypothalamus, perturbé par ce taux de cortisol élevé, nous poussera à manger (refaire le plein d’énergie afin de fuir), particulièrement des aliments riches en sucre et en graisse.

Dans le deuxième cas, si on juge qu’une situation est « stimulante » (comme un challenge), donc qu’on a l’impression de pouvoir surmonter le défi, seul le taux d’adrénaline augmenterait, puis diminuerait rapidement. Contrairement au cortisol, l’adrénaline aurait plutôt un effet coupe-faim. Le stress n’est pas forcément toujours négatif. Un stress court, telle une alarme, va nous permettre de nous ajuster utilement à la situation et d’agir rapidement.

Les situations de stress « menaçantes », survenant ponctuellement et sur une courte période, n’entraineront pas de prise de poids, même si l’appétit est perturbé. Une bonne gestion du stress nous y aidera. 

Mais si nous souffrons de stress chronique, le taux élevé de cortisol perturbera de manière prolongée l’hypothalamus, lui disant d’élever la sensation de faim. L’augmentation fréquemment observée de la consommation d’aliments riches en sucre et en graisse active le circuit de la récompense. Ces aliments représentent, pour beaucoup, un moyen de calmer le stress et d’apporter du réconfort.  Malheureusement, sur le long terme, cette stratégie entraine inexorablement une prise de poids.

Chaque organisme répond différemment à un taux élevé de cortisol, certains développant plus de problèmes de santé que d’autres. Cette susceptibilité serait liée aux gènes (fonctionnements neuroendocrinien et métabolique) et au comportement alimentaire de chaque individu.

Outre l’effet négatif du stress chronique sur l’appétit, il est aussi très mauvais pour le cerveau et d’autres mécanismes biologiques : il agit comme « tueur » de neurones, diminue la capacité à utiliser notre mémoire et à stocker de nouvelles informations et augmente le risque d’apparition de troubles psychiques (tels que troubles anxieux et dépressif). Il peut provoquer entre autres une diminution du système immunitaire, une augmentation de la tension artérielle, des douleurs musculaires, de la fatigue ainsi que des troubles digestifs et du sommeil.

Comment gérer l’impact du stress ?

Différents outils sont actuellement reconnus comme moyens efficaces de gestion du stress et agissent directement sur la sécrétion d’adrénaline et/ou la diminution du taux de cortisol : la pratique de la marche ou de la course à pied (ainsi que tout ce qui nous fait bouger), la pleine conscience, la cohérence cardiaque, la relaxation, la sophrologie ou la méditation. Fait intéressant, faire (ou recevoir) un câlin ainsi qu’écouter de la musique sont également des outils anti-stress puissants. Dormir davantage, faire une sieste de 20 minutes et passer du temps en plein air représentent aussi de bonnes techniques.

L’alimentation et le comportement alimentaire comme armes contre le stress ?

Des stratégies de combat du stress peuvent être mises en place, telles que prendre une vraie pause et manger en pleine conscience dans un endroit calme, augmenter le temps de repas (minimum 20 minutes) et mâcher suffisamment les aliments.  Evitezr au maximum de consommer du sucre et de la caféine en situation de stress, ces substances augmentant la production d’adrénaline et de cortisol.

Sources :

  • Fahim Cherine (2019). La psychopathologie et ses bases biologiques, cours universitaire en Psychologie.
  • Ayotte Julien (2018). Tendance à choisir la barre de chocolat en situation de stress ? Centre d’étude sur le stress humain.
  • Société Suisse de Nutrition (SSN, 2017). L’alimentation au travail.
  • Hewagalamulage, S. D., Lee, T. K., Clarke, I. J. & Henry, B. A. (2016). Stress, cortisol, and obesity: a role for cortisol responsiveness in identifying individuals prone to obesity, Domestic Animal Endocrinology.

Alimentation et risque de mortalité – Les groupes d’aliments sous la loupe

Introduction

En 2013, le nombre de décès dans le monde s’est élevé à près de 55 millions ; 70% d’entre eux ont été causés par des maladies non-transmissibles. 33% de ces décès ont été causés par les maladies cardiovasculaires et 15% par le cancer.

Un homme ayant une bonne hygiène de vie (non-fumeur, physiquement actif, régime alimentaire sain), c’est-à-dire un profil à faible risque pour la santé, vit en moyenne 10 à 15 ans de plus qu’un homme ayant un profil à risque élevé (fumeur, sédentaire, alimentation déséquilibrée). Une alimentation de qualité est l’un des facteurs les plus importants pour la prévention de la mort et de l’incapacité prématurée dans le monde entier.

Juin 2017 – Une grande étude menée par des chercheurs de l’Institut de Nutrition Humaine de Nuthetal en Allemagne a synthétisé l’état actuel des connaissances sur la relation entre la consommation d’aliments de douze groupes différents et le risque de mortalité toutes causes confondues. L’étude met en lumière une modification du risque de mortalité lié à une consommation journalière élevée ou faible de chaque groupe d’aliments.

 

Les groupes alimentaires sont catégorisés comme suit :

  • céréales complètes (pain complet, céréales complètes, autres féculents complets)
  • céréales raffinées (produits à base de farine blanche et autres féculents non-complets)
  • légumes
  • fruits
  • fruit oléagineux (noix, amande, noix de pécan, noix de macadamia, noisette, pistache cacahouète ou beurre de cacahouète ; non-salés)
  • légumineuses
  • œufs
  • produits laitiers
  • poissons (poisson blanc, gras, frais, transformé, provenant de mer et de lac)
  • viande rouge (bœuf, agneau, porc)
  • produits transformés à base de viande (par ex. : bacon, saucisses, salami, hot-dog, charcuteries transformées, jambon ; produits à base de viande rouge ou blanche)
  • boissons sucrées

Résultats

Les résultats montrent qu’une consommation quotidienne en céréales complètes, légumes, fruits, fruits oléagineux et poisson diminue le risque de mortalité.

La consommation optimale correspond à :

à 3 portions de céréales complètes par jour (= environ 90 g au total, poids cru)

à 3 portions de légumes par jour (= environ 250 g, 1 portion = 80 g)

à 3 portions de fruits par jour (= environ 250 g)

à 0.5 portion de fruits oléagineux par jour (= environ 15 g)

à 1 portion de légumineuses par jour (= environ 100 g, cuites)

à 2 portions de poisson par jour (= environ 200 g)

 

Cette consommation optimale provoque une réduction totale de 56% du risque de décès prématuré par rapport à une non-consommation de ces aliments.

La réduction la plus élevée du risque de mortalité toutes causes confondues est observée pour les céréales complètes : la consommation de 3 portions par jour (environ 90 g) a été associée à une réduction du risque de 21% par rapport à la non-consommation.

Les effets protecteurs de ces aliments pourraient être expliqués par leurs composants bioactifs (effet anti-inflammatoire et antioxydant) qui diminuent le risque de développement de maladies : fibres, minéraux, oligo-éléments, vitamines, caroténoïdes, polyphénols et acides gras oméga-3.

Une consommation élevée de viande rouge et de produits transformés à base de viande a été associée à une augmentation du risque de mortalité toutes causes confondues.

En effet, consommer quotidiennement 170 g de viande rouge (environ 2 portions), 120 g de produits transformés à base de viande (environ 4 portions) et 250 ml de boisson sucrée (1 portion) est associé à un risque deux fois plus élevé de mortalité, comparé à la non-consommation de ces groupes d’aliments.

Les effets défavorables des viandes rouges et produits transformés à base de viande peuvent être expliqués par la présence de composés pro-inflammatoires, pro-oxydatifs ou cancérigènes. Les effets néfastes observés pour les boissons sucrées peuvent être attribués en partie à des altérations de la régulation corporelle (sensations de faim et de satiété perturbées).

Conclusions de l’étude

Une consommation optimale (qui respecte les apports recommandés) de céréales complètes, de légumes, de fruits, de fruits oléagineux, de légumineuses et de poisson, ainsi que la réduction de la consommation de viandes rouges, de produits transformés à base de viande et de boissons sucrées peut entraîner une diminution importante (d’environ 80%) du risque relatif de décès prématuré. 

Limitations de cette méta-analyse

Les personnes consommant beaucoup de céréales complètes, de fruits, de légumes, de poisson, de fruits oléagineux ou de légumineuses peuvent avoir un style de vie (lifestyle) ou un statut socioéconomique différent de ceux qui en consomment peu. Ces facteurs peuvent alors biaiser dans une certaine mesure les résultats. Cependant, les principaux résultats ont été confirmés par des analyses de sensibilité, qui incluent uniquement des études à faible risque de biais (ou d’erreur).

Notre avis de diététiciennes

Au vu de sa méthodologie, cette étude peut être considérée comme étant de bonne qualité et de fait, de référence. Elle confirme que l’adoption d’un régime alimentaire privilégiant les aliments apportant des fibres, minéraux, oligo-éléments, vitamines et acides gras oméga-3 diminue fortement le risque de mortalité. Elle justifie globalement bien les recommandations que nous donnons actuellement, même si certaines quantités et/ou fréquences de consommation mentionnées sont un peu plus hautes que nos conseils nutritionnels.

Source:

Food groups and risk of all-cause mortality: a systematic review and meta-analysis of prospective studies, juin 2017